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SAINT-CYR-AU-MONT-D'OR
Des bénévoles remettent en valeur les cabornes

Le Progrès (quotidien lyonnais) du 24 février 2013

 

Patrimoine. À terme, l’objectif est de créer un sentier qui permettrait de relier les lavoirs, croix et cabornes du village.

Depuis fin 2012, une douzaine de bénévoles se retrouvent chaque mardi après-midi, quel que soit le temps, de 14 heures à la nuit tombée, avec un objectif bien précis : remettre en valeur les cabornes (voir ci-contre) situées sur la commune de Saint-Cyr. Leur premier chantier se trouve au lieu-dit « Trêves du Ciel » où ils restaurent deux cabornes. Avant d’en arriver là, une convention a été signée entre les propriétaires de terrains, la municipalité et le Syndicat mixte des Monts d'Or.

18 cabornes
Pour mener à bien cette tâche, des associations sont partenaires du Syndicat mixte : l’association Vivre Saint-Fortunat, avec son président Bernard Coquet, et Sauvegarde des lavoirs des Monts d'Or, sous la présidence de Michel Matray. Tous deux sont présents pour ces restaurations.
« Nous avons pour objectif de faire un circuit sur les pentes du mont Laroche, situé sur Saint-Cyr et Saint-Didier. Rien que sur Saint-Cyr, nous avons comptabilisé 18 cabornes », explique Gérard Frappier, adjoint à l’Environnement. Pour l’adjoint, ce sentier pourrait être celui du patrimoine du village : « Un sentier qui pourrait relier les lavoirs, les croix, les cabornes du village. »
Pour bien délimiter ce sentier, des clôtures sont installées, financées par le Syndicat mixte, afin de permettre l’accès aux cabornes : « Ces cabornes se trouvent près de champs cultivés, nous devons aussi penser à la protection des cultures. »

Un travail méticuleux
Le travail des bénévoles consiste à débroussailler l’accès à ces cabornes, mais aussi autour et dessus, car elles sont noyées sous la végétation qui a repris ses droits : lierre, arbustes, mousse, buissons de ronces et parfois même des arbres ont poussé et entravent l’accès. Un travail méticuleux, car les racines sont enchevêtrées dans les pierres et nous devons faire très attention. »
Les bénévoles dégagent également l’intérieur des cabornes afin de permettre l’accès des visiteurs. Toutes ont leur spécificité : « La première que nous avons dégagée passe carrément sous la route qui mène de Saint-Cyr à Poleymieux. Elle a pour nom « La cave ». Nous devons trouver un nom à chacune », précise Michel Matray.
La deuxième, tout près, est déjà en bonne voie : « Nous en avons ensuite cinq autres à restaurer. Elles se trouvent juste en face, de l’autre côté du champ, sur le mont Laroche. Elles sont très intéressantes à restaurer », précise Michel Matray.
Quelques dames font aussi partie de ces bénévoles. Tous sont très motivés et suivent les conseils des deux spécialistes en ne regardant ni leur temps, ni leur peine.

De petites cabanes en pierre sèche

Ces petites cabanes en pierres sèches qu’on appelle cabornes, servaient autrefois à abriter soit des bergers, des viticulteurs, des agriculteurs et leurs outils.
D’après l’association La Pie verte, basée sur Poleymieux, en patois lyonnais, une caborne est une cabane bâtie entièrement en pierres sèches, c’est-à-dire empilées « à cru », sans mortier ni liant, en encorbellement, comme un igloo.
Ces édifices vont de l’abri du journalier à la maisonnette de deux pièces, en passant par la cabane de chantier du carrier ou du charbonnier.
Aux époques préhistoriques, les hommes se regroupaient sur les hauteurs. Ils dressaient, pour enterrer leurs morts, des tumulus en terre et en pierre avec des chambres funéraires en niches encorbellées.
Ce mode de construction s’est perpétué d’âge en âge, mais la plupart des cabornes existantes date du XIXe siècle.
En 1980, il en demeurait encore 340 dans le massif du Mont d'Or.

M-C. Vasque

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paru dans « Le Progrès » le 24/02/2013

 



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